Découverte de l’apiculture et savoir protéger les abeilles.

Auteur/autrice : Denis Page 1 of 3

La France ne doit plus opposer l’apiculture à l’agriculture,

 Le Monde du 15 avril 2021 :

Nous remercions ici le journal le Monde d’avoir ouvert ses colonnes à Frank Alétru, président du Syndicat national d’apiculture (SNA) ; Thierry Dolivet, responsable de la commission apicole nationale de la Confédération paysanne ; Patrick Gruez, administrateur de Provence Miel ; Christian Pons, président de l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) ; Béatrice Robrolle, présidente de l’association Terre d’abeilles ; Marie-France Roux, porte-parole de la Fédération française des apiculteurs professionnels (FFAP) ; Joël Schiro, président du Syndicat des producteurs de miels de France (SPMF),

et nous remercions chacun d’entre eux leur prise de position à l’encontre du discours de la FNSEA et de l’interprofession apicole Interapi, lesquels proposent, d’écouter « la sagesse du terrain », et « d’éviter de nous focaliser « sur l’interdiction de certains produits de traitement que nos voisins européens continueront à utiliser » !!!!!!

Nous faisons nôtre la prise de position des organisations apicoles françaises, dont nous reprenons ici quelques éléments :

La sagesse du terrain… parlons-en ! Car ce « terrain » évoqué par les signataires de la tribune, les abeilles le connaissent bien. Il est miné aux pesticides.

Menacées de disparition imminente comme les autres insectes pollinisateurs sauvages, elles en sont les malheureuses victimes depuis le début de l’histoire de la protection des cultures et en particulier depuis ces trente dernières années, avec l’évolution constante des molécules utilisées telles que les néonicotinoïdes. Les apiculteurs en font les frais, de façon récurrente : 30 % de mortalité annuelle des colonies d’abeilles,..sans avoir jamais été indemnisés !

Et parce qu’ils osent dénoncer cette réalité qui détruit leur outil de travail – conséquence de dysfonctionnements scandaleux dans les processus d’autorisation de mise sur le marché des poisons, et de cet effroyable système qui consiste à encourager leur usage –, ils sont en prime accusés par ceux qui l’entretiennent, de pratiquer un « agribashing » ! (présupposé dénigrement systématique du secteur agricole)

Des substances toujours plus toxiques

La « sagesse » d’un terrain favorable aux insectes pollinisateurs, c’est la qualité sanitaire des fleurs qu’il leur procure, exemptes de résidus de pesticides. La population d’insectes volants a chuté de plus de 75 % en Europe en l’espace de trente ans.

L’objet de cette tribune inspirée par la FNSEA et que nous dénonçons vivement, est de contester la révision de la réglementation encadrant l’usage des pesticides (l’arrêté « abeilles », datant de 1975 et modifié en 2003), leur classification et leurs conditions d’application. Son but est aussi de rejeter aussi la révision des homologations que nous, apiculteurs et défenseurs de l’environnement, revendiquons depuis tant d’années.

Un plan pollinisateur qui tarde

Le plan pollinisateurs prévoit ainsi, en particulier, la révision de l’arrêté « abeilles », depuis longtemps obsolète. Une révision indispensable et urgente, maintes fois promise, mais toujours reportée. Cet arrêté a fait l’objet d’un avis de l’Anses publié en février 2019.

L’Anses, devenue en 2011 laboratoire européen de référence pour la santé des abeilles, a formulé également des orientations en particulier – d’élargir à toutes les catégories de pesticides l’interdiction de traitement sur cultures en fleurs, – et de limiter l’autorisation des épandages de pesticides sur ces cultures exclusivement à partir du coucher du soleil (tel que défini par l’éphéméride) et dans les trois heures suivantes.//

Une préconisation prometteuse

La seconde préconisation majeure de l’Anses – appliquée depuis plusieurs années déjà, avant même le nouveau cadre réglementaire attendu, par la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) de Vendée, la coopérative des vins des coteaux de Buzet, la coopérative Cavac pour les semences de colza, l’Association nationale pommes-poires dans le cadre des vergers labellisés écoresponsables, etc. – s’avère efficace et prometteuse.//

Elle permet aux agriculteurs de bénéficier de l’impact économique considérable que génère la pollinisation de leurs cultures, quantitativement et qualitativement, et de réduire significativement, aussi, les quantités de pesticides utilisés. Elle contribue à mieux protéger leur santé, ainsi que celle des riverains.//

La France ne doit plus opposer l’apiculture à l’agriculture, ni feindre d’ignorer encore la valeur économique de la pollinisation. Notre indépendance alimentaire, que la crise sanitaire a mise en lumière comme un objectif prioritaire, est intimement liée à l’avenir des abeilles et de l’ensemble de la faune pollinisatrice.

Changement brutal de températures : une menace pour l’équilibre des abeilles ?

Nous avons lu attentivement l’article de Léa Breuil, et nous la remercions pour ses interviews de nos collègues d’Auvergne, et nous y avons trouvé des tas d’enseignements pour nos colonies de la Loire.

M-Comme…

… pourquoi pas : Météo

Abreuvoir pour abeilles…

et pas que !

Merci à Adrien Ducouloux : vos vidéos sont saisissantes ! : https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/doubs/nature-un-apiculteur-filme-pendant-trois-ans-son-abreuvoir-pour-abeilles-avec-un-piege-le-resultat-est-surprenant-2011702.html

et merci bien sûr à France 3 Bourgogne Franche comté.

A-Comme….

… pourquoi pas Abreuvoir…

ou .. A l’ écoute de vos articles.

Loire : des solutions pour aider les abeilles (et les apiculteurs) à ne pas avoir le bourdon

merci à Arno Visconti de France-Bleu pour son excellent article du 13 avril dernier : https://www.francebleu.fr/emissions/100-solutions/saint-etienne-loire/loire-des-solutions-pour-aider-les-abeilles-et-les-apiculteurs-a-ne-pas-avoir-le-bourdon

Nous y trouvons effectivement tout ce que nous ne pouvons ignorer : la météo – le varroa – le frelon asiatique – … et bien sûr comment devenir apiculteur

L’arrêté encadrant le retour des néonicotinoïdes s’appuie sur des données erronées

Le Monde du 19 févr. 2021 (extraits)

C’est ce que confient plusieurs membres du conseil de surveillance constitué par le gouvernement pour donner l’avis des parties prenantes (agriculteurs, associations, instituts techniques, etc.) sur les conditions du retour de ces insecticides…

L’un des enjeux du retour des néonicotinoïdes sur la betterave est celui des cultures ultérieures. En effet, lorsque des semences enrobées d’insecticides sont plantées, seule une petite fraction du produit est absorbée par la plante. La plus grande part demeure dans le sol et peut contaminer les cultures ultérieures. D’où la nécessité d’attendre un à trois ans avant de resemer des cultures attractives pour les abeilles (colza, maïs, etc.). Mais les agriculteurs réclamaient de pouvoir replanter sans délais du maïs sur les parcelles de betterave traitées.

Le 22 janvier, le conseil de surveillance débattait de cette question. « A la fin de la réunion, les représentants de la filière betteravière ont affirmé qu’une étude montrait que 80 % des abeilles présentes sur les parcelles de maïs se trouvaient en périphérie des champs, dans les huit premiers mètres des parcelles, explique au Monde un participant. Et qu’en conséquence, un agriculteur s’abstenant de traiter les betteraves sur une bande de huit mètres en périphérie de parcelle devrait pouvoir replanter du maïs dès l’année suivante. »

Au cours de la réunion, certains s’indignent car nul n’a vu l’étude en question, mais la majorité adopte la mesure d’atténuation, finalement intégrée à l’arrêté du 5 février.

Peu après la réunion, l’Institut technique de l’agriculture biologique (ITAB) obtient l’étude en question et l’analyse dans une note datée du 12 février, que Le Monde a pu consulter. «..Elle dit qu’au cours de l’expérience, 80 % des abeilles observées l’ont été dans cette bande, mais simplement parce que ce sont les premiers rangs qui ont été les plus échantillonnés ! »

L’étude n’en fait pas mystère et évalue explicitement les densités d’abeilles dans les différents secteurs des champs étudiés. Sur la foi de ces données, l’ITAB a calculé que pour protéger 80 % des abeilles sur 50 hectares de maïs (soit un carré de 707 mètres de côté), la bande périphérique non-traitée ne devrait pas être large de huit mètres, mais de… 189 mètres.

Interrogé sur ce hiatus, le président de l’Institut technique de la betterave dit ne pas avoir de réponse. « Nous n’avons pas suffisamment de données pour dire que tout est blanc ou noir », dit-il. De son côté l’association Agir pour l’environnement, membres du conseil de surveillance, annonce saisir en référé le Conseil d’Etat pour obtenir la suspension de l’arrêté.

Apithérapie : du venin d’abeille pour soigner vos rhumatismes ?

En Roumanie, il est pourtant régulièrement utilisé dans la médecine traditionnelle, par ailleurs selon une étude australienne, ses composants pourraient même aider à lutter contre l’une des formes les plus agressives du cancer du sein.

Si l’apithérapie reste largement méconnue en Europe occidentale, elle connaît un véritable succès en Roumanie, où le venin des abeilles est communément utilisé dans des crèmes anti-inflammatoires disponibles en pharmacie. Il existe même des séances d’  » apipuncture « , où l’aiguille manipulée en acupuncture classique est remplacée par le dard de l’abeille vivante : le praticien se saisit de l’insecte à l’aide d’une petite pince avant de piquer directement, par exemple dans le dos du patient qui souffre de rhumatismes.

De l’autre côté du globe, à Perth en Australie, des recherches cruciales sont également menées sur le venin d’abeille, et plus particulièrement sur une des molécules qui le composent, la mélitine. Les scientifiques australiens ont fait une découverte prometteuse : cette molécule serait capable de s’attaquer aux cellules d’un cancer du sein bien spécifique, le triple négatif, soit le plus agressif, et ce sans endommager les cellules saines. Autre bonne nouvelle, les chercheurs sont parvenus à synthétiser cette molécule, ce qui signifie qu’ils n’ont pas besoin de la prélever sur les abeilles pour mener leurs expériences. Si les recherches en sont encore au stade expérimental et que le chemin est encore long avant d’aboutir à une solution médicamenteuse, elles représentent néanmoins un véritable espoir dans la lutte contre le cancer du sein, qui touche 1 femme sur 9.

« Ils nous ont un peu pris pour des idiots »

dit (poliment) a députée Sandrine Le Feur « révoltée »

Le Conseil d’Etat valide l’utilisation des néonicotinoïdes « tueurs d’abeille ».

Le Conseil d’Etat a tranché. Les producteurs de bettraves vont pouvoir utiliser des néonicotinoïdes pour lutter contre les pucerons. Une décision qui révolte Sandrine Le Feur, députée LREM de la circonscription de Morlaix (29). « Ils nous ont un peu pris pour des idiots » dit-elle.Publié le 16/03/2021 à 16h31 • Mis à jour le 16/03/2021 à 17h48

Sandrine Le Feur
Sandrine Le Feur • © MAXXPPP/Vincent Isore/IP3

Finistère

Lundi 15 mars, le Conseil d’Etat a confirmé l’autorisation accordée cette année aux producteurs de betteraves d’utiliser des néonicotinoïdes pour protéger leurs cultures des invasions de pucerons. 

Les néonicotinoïdes sont des insecticides qualifiés de « tueurs d’abeilles » par les défenseurs de l’environnement. Ils sont interdits d’utilisation depuis deux ans. Mais fin 2020, une loi a été votée pour permettre aux betteraviers de les utiliser pour leur prochaine récolte, à titre provisoire.

L’an dernier, cette filière agricole estime avoir perdu 30% de sa récolte, à cause du puceron qui transmet la jaunisse aux betteraves. Ils estimaient leurs pertes à 280 millions d’euros.

Sandrine Le Feur, députée LREM de la 4ème circonscription du Finistère, dénonce une erreur environnementale majeure :

N-Comme néonicotinamides

le feuilleton continue! :

Lire aussi :

« Normalement, les abeilles sortent le jour et sont en activité réduite la nuit. Mais avec certains néonicotinoïdes, les abeilles ne savent plus si on est en plein jour ou en pleine nuit ».

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